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L’accessibilité à un médecin de famille, la nouvelle embûche !

Il y a quelques années déjà, la FMOQ s’était donné le mandat, fort à propos d’ailleurs, de valoriser le magnifique métier du médecin de famille. Tous emboitèrent le pas du gouvernement qui en fit la priorité du réseau. Il faut avouer que ce fut un succès et n’eut été du manque de courage politique du gouvernement Charest, presque tous les objectifs que nous nous étions fixés auraient été atteints.

Nous sommes actuellement sur la voie de l’implantation des différentes mesures négociées. Dépassant de loin nos espérances les plus folles, les médecins de famille ont accepté de prendre en charge près de 360 000 patients orphelins, et ce, en une seule année. Un véritable succès, mais il ne faut pas s’arrêter là.

Vous l’avez sûrement remarqué, les journaux parlent de moins en moins de recherche de médecins de famille, mais de plus en plus d’accès à un ou à son médecin de famille.

La nuance est de taille et fait aussi mal à notre profession que le million et demi de citoyens sans médecin de famille.

De plus en plus, de patients se plaignent de ne pouvoir consulter un ou leur médecin de famille, même en sans rendez-vous et malgré les organisations que nous avons mises en place (GMF et CR).  De plus, le ton monte d’un cran chez les patients inscrits chez un médecin, mais qui ne peuvent jamais le voir dans un délai raisonnable.

Ce n’est pas facile lorsque l’on est débordé, nous le comprenons. Il y a là un défi colossal auquel il faudra s’attaquer.

La nouvelle Entente avec le gouvernement prévoyait le financement d’ateliers de formation sur l’ « accès adapté » (Advanced Access). C’est un moyen sophistiqué d’offrir à nos patients davantage de plages de rendez-vous lorsqu’ils sont prévus ou nécessaires. Mais ce n’est pas simple. Il faut beaucoup de soutien, des infirmières et une volonté de changement hors du commun pour adhérer à cette formule. De toute évidence, cela fonctionne et j’encourage tous ceux qui ont de l’intérêt à s’inscrire à ces ateliers.

Il est vrai toutefois que cette formule n’est pas à la portée de tout le monde. Par ailleurs, tous peuvent développer des moyens simples pour offrir à sa clientèle la possibilité de vous joindre facilement et rapidement pour des urgences mineures, sans brimer votre fonctionnement ou votre rémunération et sans chambarder votre univers,. Je pense à des plages de rendez-vous libres, à horaire précis, connues de la clientèle et disponibles pour les urgences. Certains en offrent tous les jours, d’autres le font quelques heures à certaines périodes de la semaine. L’important est d’aviser votre clientèle plusieurs mois à l’avance. Il existe de nombreuses solutions qui peuvent s’appliquer facilement et rapidement. Il faut vouloir. Personne n’est tenu à l’impossible, mais nous sommes tenus d’essayer. Il est clair que le médecin n’y perd pas au change et que sa clientèle en sort grande gagnante.

Prendre de nouveaux patients représentait la première étape de l’accessibilité. La seconde consiste à assumer les besoins de cette clientèle. Il est toujours plus facile de recevoir nos propres patients en sans rendez-vous pour une urgence que ce l’est pour un confrère qui ne l’a jamais vu. Nous sommes conscients des limites de ces affirmations et c’est pour cela que les cliniques sans rendez-vous et les cliniques-réseau existent. Lorsque nous sommes au bureau cependant, cette solution ne devrait pas être la première.

Force est d’admettre aussi que les mandats de ces deux entités devraient être respectés plus rigoureusement.

La Fédération travaille actuellement à vous fournir les moyens d’augmenter votre productivité par l’ajout d’infirmières et de personnel (promesse réitérée par le nouveau gouvernement), par l’informatisation des cabinets (dossier médical informatisé en fonction depuis le 15 novembre) et par l’application de la notion du lui-même qu’elle s’apprête à négocier. Plein d’autres mesures pour améliorer vos conditions de travail et votre rémunération sont déjà en vigueur ou le seront bientôt.

Notre plus grande faiblesse, je le répète, vient de notre manque d’accessibilité ; pharmaciens et infirmières l’ont très bien compris. Il n’y a qu’une seule solution ! Il faut leur enlever cet argument. Soyons imaginatifs, chacun à notre façon et trouvons à ce brûlant problème des solutions pratiques et simples, des solutions qui nous ressemblent.

Dr Marc-André Asselin, président

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