Le 15 décembre dernier, le Conseil de la Fédération des omnipraticiens du Québec se dotait d’une nouvelle direction en élisant le Dr Louis Godin à sa présidence. Les autres membres du Bureau déjà en place changeront de siège et deux nouveaux venus font leur entrée, soit les Drs Marc-André Amyot et Pierre Martin respectivement des régions de Laurentides-Lanaudière et de la Mauricie.

Les 12 années de gouvernance du Dr Dutil ont permis à la Fédération d’exercer un rôle de chef de file dans le domaine de la santé au Québec et de devenir une incontournable que tous les intervenants respectent. Le travail n’est pas terminé pour autant. Loin de là !

En novembre dernier, la signature de l’entente sur le redressement de la rémunération des médecins omnipraticiens préparait la voie à des modifications profondes dans l’organisation de la première ligne. Elle était composée de deux volets : d’une part, un rattrapage correspondant au 2/3 de la somme et, d’autre part, un plan d’affaires représentant le troisième tiers du 31 % consenti. Quelque 25 mesures devront être négociées rapidement, dont huit d’ici la fin juin 2008.

Ce plan d’affaires est ambitieux. Il vise une réorganisation de la première ligne et une amélioration de l’accessibilité en favorisant la prise en charge et le suivi longitudinal des patients par le médecin de famille.

Il devra cependant tenir compte de deux facteurs principaux, et celui des effectifs constitue certainement le plus important. Ce problème reste entier et, bien que certaines régions aient amélioré leur sort, l’équilibre demeure fragile et les forces disponibles fatiguées et un peu désabusées des multiples promesses des dernières années. Ce plan ne créera pas de nouveaux docteurs et il faudra être imaginatif dans sa préparation et sa mise en œuvre. Le partage des tâches avec d’autres professionnels de la santé reste une voie envisageable, mais avec beaucoup de bémols, de mais et de si.

L’autre facteur aussi fondamental que la capacité d’y arriver est certainement la liberté d’y adhérer. Nous refuserons toute contrainte supplémentaire. Il faudra qu’il soit assez avantageux pour que nous acceptions d’y participer. Au contraire, ce plan d’affaires devra nous permettre de lever certaines mesures iniques. Je pense ici aux échelles de rémunération à honoraires fixes et à tarif horaire qui devraient disparaître dès le premier semestre de 2008. Nos jeunes confrères pourront alors bénéficier de la même rémunération que leurs confrères ou consœurs plus âgés : à travail égal, salaire égal.

La partie redressement devra s’appliquer à tout un chacun, quels que soient notre mode de rémunération et notre modèle de pratique. Tous devront y trouver leur compte.

Mais là ne s’arrête pas le défi du nouveau Bureau de la Fédération. Dès 2010, les omnipraticiens du Québec devront négocier une nouvelle entente générale avec le MSSS. Retarder signifierait accepter une augmentation du différentiel de rémunération entre nous et les médecins canadiens. 2010 c’est demain. Cela nous convie à la préparation du cahier des charges dès cette année. Un congrès d’orientation syndicale se tiendra en 2009. La date devrait être annoncée sous peu.

Cette nouvelle direction maintiendra certainement la tradition du dernier. Cela ne signifie pas qu’il empruntera le même chemin ou qu’il choisira les mêmes options. Si vous entendez parler souvent de la santé économique, sociale et personnelle de nos effectifs, vous y trouverez en corollaire celle de la population que nous desservons. Les deux demeurent intimement liés, non seulement par notre code de déontologie, mais aussi par l’histoire de la FMOQ.

La façon et le ton donnés aux débats changeront, cela va de soi, mais cela ne fera qu’enrichir le discours et les échanges.

La jeunesse du Bureau de la FMOQ devrait nous permettre tous les espoirs et répondre aux attentes des omnipraticiens du Québec.


Dr Marc-André Asselin
Président