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Réflexions durant la période de votation

Nous sommes le 13 juillet 2011.

Je rédige ces réflexions alors que la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec vient de procéder à l’envoi des documents promis expliquant l’entente de principe à tous les médecins de famille du Québec, incluant le bulletin de vote. Vous allez, dans les prochaines semaines, rendre votre verdict sur cette longue démarche.

J’aurais certes pu attendre le résultat du scrutin, mais elles auraient été teintées par celui-ci. J’aurai, de toute façon, la chance de le faire un peu plus tard.

Cette période fut l’une des plus exaltantes que mon histoire syndicale de près de 30 ans m’ait permis de vivre.

Le tout a commencé au printemps 2008 par la présidence d’un comité sur la valorisation de la médecine familiale pour se terminer par une entente de principe entre le Ministère de la Santé et la Fédération il y a quelques semaines, en juin 2011. Entre ces deux points d’ancrage, nous avons réussi à placer la médecine familiale au centre des préoccupations sociales des citoyens du Québec, le problème principal du système de santé n’étant plus les listes d’attente des hôpitaux, mais l’accès à un médecin de famille. Tous en conviennent, même nos confrères spécialistes. Le MSSS en a d’ailleurs fait sa priorité dans son plan quinquennal 2010-2015.

D’une vision hospitalo-centriste qui remontait au milieu des années 1950, nous avons modifié, et je pense avec succès, l’orientation des dirigeants pour les amener sur notre terrain, soit celui de la première ligne. Nous avons démontré par notre franc-parler et notre franc jeu le sérieux de notre démarche qui était aussi la vôtre, soit celle de l’ensemble des spécialistes en médecine familiale du Québec.

Ce ne fut pas simple, bien au contraire. Notre plus grand adversaire fut, à notre grande surprise et sans contredit, le président de la FMSQ ; l’histoire s’en souviendra et si elle l’oubliait, nous nous chargerions de lui rappeler !

Qu’allez-vous décider maintenant que les dés sont jetés ? Nous étions au bout des échanges. Les positions du MSSS étaient claires, bien campées, et ne bougeraient plus. Nous avions pris l’engagement ferme de présenter toute entente de principe à la décision de la majorité. L’enjeu de cette négociation l’imposait.

Nous y sommes !

C’est à vous la parole.

Allez-vous l’accepter en étant pragmatique et en vous disant que c’est le premier affrontement sur le thème de l’équité, que la bataille ne fait que commencer ? Ce projet correspond à ce que les médecins de famille du Québec désiraient sauf en ce qui a trait à l’écart de rémunération avec les autres médecins spécialistes. Seul le temps nous permettra de juger de l’évolution de celui-ci. C’est ce que la lettre de monitoring nous permettra de faire.

Allez-vous la rejeter parce que tous les objectifs n’ont pas été atteints, car il est évident que malgré l’investissement important, je dirais même historique du gouvernement chez les médecins de famille, il en a manqué pour arriver à bon port ?

Il a d’abord manqué de sous pour atteindre notre objectif, ce qui peut s’expliquer dans le contexte économique que nous connaissons, mais de la part du gouvernement, il a surtout manqué de courage politique pour éviter de jouer les Salomon. Il a refusé de prendre parti de façon claire et décisive pour la médecine familiale, en ne modifiant pas de façon significative les rapports de force qui aurait facilité l’arrivée de la relève. Étonnamment, il a plutôt choisi la technique des petits pas !

Dans un cas comme dans l’autre, vos dirigeants sont prêts ! Si l’entente est acceptée, maintenant que nous connaissons les sommes disponibles, la FMOQ entend commencer le travail sur l’organisation des soins dès cet automne.

Si l’entente est rejetée par une majorité d’entre vous, ce sera le début d’une longue et dure bataille. La pensée magique ne suffira pas, le bon droit non plus. Il nous faudra être tous solidaires, car un tel choix ne sera pas sans conséquence.

Dans un mois nous saurons ce que vous aurez collectivement décidé et nous continuerons, dans un sens ou dans l’autre, cette lutte à finir pour le respect.

Je voulais vous laisser ces quelques réflexions à chaud au moment où j’ignore encore ce que vous choisirez pour l’ensemble des médecins de famille, mais au moment aussi où tout est encore possible.

Syndicalement vôtre.

Dr Marc-André Asselin, président

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