Membre à l’honneur – février 2025 public

Membre à l'honneur

Février 2025

Parcours inspirant de

Dre Annie Brasseur

 

Dre Annie Brasseur, médecin de famille au CIUSSS du Nord-de-l’Île-de-Montréal, incarne parfaitement la polyvalence et la richesse qu’offre la médecine familiale. Diplômée en 2020, en pleine pandémie de COVID-19, elle a joué un rôle central dans le développement du programme de médecine de famille au nouveau GMF-U de Montréal-Nord-Est, tout en menant une pratique clinique variée.

Accompagnant ses patients à chaque étape de leur parcours de soins, à l’hôpital, en réadaptation ou en consultations en GMF, Dre Brasseur s’illustre par son approche globale et profondément humaine.

Avec une énergie débordante et un engagement remarquable, Dre Brasseur illustre à quel point la médecine de famille est une spécialité flexible et enrichissante. Que ce soit auprès de ses patients, de ses collègues ou dans ses projets artistiques, elle inspire par sa quête d’un équilibre harmonieux entre sa profession et ses passions.

Ralentie par la pandémie, mais portée par ses patients

Démarrer une carrière en pleine pandémie aurait pu en décourager plus d’un. Pourtant, pour Dre Annie Brasseur, ce fut l’occasion de démontrer sa résilience et son dévouement. Face aux défis, elle n’a pas hésité à retrousser ses manches et à se surpasser. Lorsqu’elle évoque ce qui la rend fière d’être médecin de famille, elle insiste sur l’importance des relations durables et sur la continuité des soins : « En tant que médecin de famille, on a une expertise très vaste. Ce que j’adore, c’est d’accompagner les patients à travers toutes les étapes de leur parcours, que ce soit à l’hôpital, en réadaptation ou en CHSLD. Il n’y a pas beaucoup de spécialités qui permettent de créer des liens aussi profonds. C’est un privilège de pouvoir accompagner nos patients à différentes étapes de leur vie ».

Pour elle, la médecine familiale brille par sa flexibilité, permettant à chaque médecin de personnaliser sa pratique selon ses aspirations et ses intérêts: « C'est hyper vaste comme profil de pratique! Tu peux vraiment la personnaliser ‘à ta sauce’. Par exemple, personnellement, je fais plus des soins de courte durée et de la gériatrie ». Dre Brasseur valorise aussi le travail interdisciplinaire, indispensable pour offrir des soins complets et adaptés. « Ce que je trouve incroyable, c’est de collaborer avec d’autres professionnels, comme les infirmières, les physiothérapeutes, les ergothérapeutes ou les travailleurs sociaux. Chacun a sa petite expertise. Ensemble, cela nous permet d’avoir une approche globale et humaine envers nos patients. »

Elle s’épanouit également dans l’enseignement et la gestion, deux volets qui apportent une grande valeur à sa carrière. Un projet qui l’emballe particulièrement est son rôle à venir comme directrice locale de programme au GMF-U de Montréal-Nord-Est. « Ce projet a été retardé par la pandémie, mais je suis excitée de le voir enfin se concrétiser cette année », confie-t-elle.

Les défis du système de santé et une solidarité qui fait toute la différence

Dre Brasseur est consciente des défis que pose le système de santé. Si elle pouvait changer une chose, ce serait d’abord de réduire le fardeau administratif : « On le sait, la paperasse et les tâches administratives prennent énormément de temps, parfois au détriment des soins cliniques. » Elle regrette également l’influence de la politique sur la pratique médicale : « Beaucoup de décisions qui affectent directement les soins aux patients sont influencées par des enjeux politiques. C’est frustrant de voir que cela peut limiter l’accès à certains services ou affecter des aspects comme la facturation. » Autant au sein d’un même établissement qu’au niveau provincial, elle déplore les jeux de coulisses et les luttes de pouvoir qui n’aident ni les professionnels ni les patients.

Malgré ces obstacles, elle est reconnaissante d’être entourée de collègues et d’une communauté médicale qui lui apportent un soutien inestimable. Elle attribue d’ailleurs son développement professionnel à cet esprit d’entraide. « En début de pratique, j’ai eu la chance d’être soutenue par des collègues généreux, prêts à partager leurs connaissances. Que ce soit pour des questions cliniques, organisationnelles ou liées à la facturation, il n’y a jamais de question niaiseuse, et cette solidarité est précieuse. Savoir qu’on ne sera pas jugé pour nos petites erreurs et qu’on veut simplement apprendre a été extrêmement significatif pour moi ».

La comédie musicale, un antidote à l’épuisement

 En dehors de la médecine, Dre Brasseur se ressource et puise son énergie dans la musique, une passion qui l’habite depuis l’enfance. Elle a rapidement cherché à intégrer ce côté artistique à ses études afin de donner un souffle créatif à son quotidien. Une fois à Sherbrooke, elle a rejoint la troupe de comédie musicale de la faculté de médecine et sciences de la santé, une initiative réunissant des étudiants en médecine, en soins infirmiers, en physiothérapie et en ergothérapie. « Je me suis dit : si je ne suis pas capable de le faire pendant que je suis à l'université, il n’y a aucune chance que je puisse y arriver une fois en pratique! » dit-elle en souriant.

Impliquée à plusieurs niveaux de l’organisation, ce passe-temps lui permet de trouver un équilibre précieux face aux exigences du système de santé tout en nourrissant sa santé mentale.

Son expérience en arrière-scène l’a inspirée à co-fonder Productions '90: « On monte des comédies musicales chaque année, et c’est une façon de décrocher et de rencontrer des gens en dehors du milieu médical. » Cette année, la troupe présentera ‘Rent’, une comédie musicale poignante abordant les thèmes liés à la crise du VIH et du sida dans les années 90. « C’est un projet ambitieux et émouvant, explique-t-elle. Tout est traduit en français par notre équipe, et nous avons hâte de le présenter le 28 février et 1er mars à la salle Marguerite-Bourgeoys du Collège Regina Assumpta. »

Vous pouvez vous procurer des billets pour la pièce 'Rent' ici.